
Restauration et dépannage d’un ampli Scott A436 |
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Marque: Scott |
Type: A436 |
Année 1977 |
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Scott Amplificateur A436 2x40W classe AB
Puissance de sortie : 42 watts par canal sous 8 Ω (stéréo)
Réponse en fréquence : 15 Hz à 35 kHz
Distorsion harmonique totale : 0,3 %
Sensibilité d'entrée : 2,5 mV (MM), 200 mV (ligne)
Rapport signal/bruit : 65 dB (MM), 80 dB (ligne)
Dimensions : 400 x 142 x 325 mm
Poids : 10,5 kg
Il y a une quinzaine d’années, lorsque j’ai acquis mon Revox B77 MkII, je cherchais naturellement à l’associer à un amplificateur de haute qualité. Mon choix rêvé se portait alors sur le Revox B750, qu’il s’agisse de la version MKI ou MKII.
Problème : sur le marché de l’occasion, les prix des exemplaires non révisés dépassaient largement mon budget. J’ai donc dû explorer des alternatives.
C’est ainsi que je me suis tourné vers une marque davantage destinée au grand public, mais capable d’offrir une prestation sonore comparable : Scott. Mon choix s’est arrêté sur le Scott A436, un amplificateur en classe AB, équipé de quatre transistors de puissance et délivrant 2 × 40 W RMS (et j’insiste, bien en RMS).
Pour info :
Les watts RMS correspondent à la puissance efficace réelle d’un amplificateur.
À l’inverse, les “watts musicaux” ne sont qu’un argument marketing de grande surface destiné à faire croire que l’appareil est plus puissant qu’il ne l’est réellement.
En réalité, le watt est une unité de puissance électrique et non de puissance acoustique.
Lors de mes essais en pleine puissance RMS, j’ai pu constater que cette mesure traduit bien la puissance continue et durable : ainsi, un amplificateur donné pour 40 W RMS est capable de fournir 40 watts en permanence, sans provoquer de distorsion audible.
La puissance de crête, elle, désigne la puissance maximale que l’ampli peut délivrer sur un laps de temps très court. Encore faut-il, bien entendu, disposer d’enceintes capables d’encaisser cette énergie (par exemple des modèles de 150 W, comme mes colonnes SPHYNX 3 voies de salon… mais c’est un autre sujet).
Cet ampli m’a rendu de fiers services au fil des ans, et mes voisins pourraient en témoigner. À volume raisonnable, il est capable de délivrer une qualité sonore remarquable.
Il y a deux ans, malheureusement, une voie est tombée en panne… et il m’a fait tourner en bourrique.
L’amplificateur est alimenté, pour la partie puissance, par une alimentation symétrique ±50 V.
Une consommation excessive sur le –50 V (environ 2 A) faisait systématiquement fondre le fusible de 2 A de l’alimentation.
La réparation s’est révélée complexe, car il était impossible de réaliser des mesures sous tension.
Faute de temps, l’ampli a été mis de côté… durant deux ans.
Récemment, j’ai repris la réparation à zéro. Après de longs essais, j’ai finalement découvert une diode 1N… en court-circuit.
Problème supplémentaire : le schéma disponible est quasiment illisible, un véritable « pâté d’encre »… Difficile de comprendre comment on peut proposer des scans PDF d’une qualité aussi médiocre !
schéma:
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Impossible donc d’identifier précisément la référence. En suivant le tracé, la diode semblait remplir un rôle d’anti-retour. Je l’ai remplacée par une 1N4148 → et l’ampli est reparti.
Sous essais dans mon atelier, au bout d’1 h à 1 h 30, la deuxième voie s’est coupée, alimentation en court-circuit à nouveau.
Rebelote : test de tous les composants pour trouver un transistor HS.
Pas beaucoup plus d’infos, seulement “2SD…” partiellement lisible, donc doc pas très utile.
J’ai dessoudé celui de la voie 1 afin de prendre des mesures :
PNP – hFE 309 – Uf = 661 mV.
J’ai pris mon mal en patience et mesuré mon stock de transistors afin d’en trouver aux mêmes valeurs.
Le 2N2906 correspondait. Remontage → et ça repart !
Avant de le remettre en fonctionnement, j’ai changé toutes les capas ainsi que quelques résistances qui étaient hors tolérance.
J’ai aussi remplacé la diode de la voie 1 afin d’avoir le même équilibrage.
Pour être sûr, je l’ai laissé fonctionner une semaine → RAS.
Un relevé de température des transistors de puissance a été réalisé :
(désolé pour mes voisins, car il pousse sérieusement sans distorsion ni saturation).
À cette puissance, mieux vaut avoir une bonne paire d’enceintes, sinon c’est ingérable !
Pendant qu’il était démonté, j’ai voulu m’occuper des deux voyants de vu-mètre grillés — bien sûr introuvables.
En fait, ce sont de petits néons en forme de fusible en verre.
J’en ai trouvé des remplaçants LED sur AliExpress, mais ça ne me plaisait pas : je ne voulais pas trois points lumineux derrière le cadran, mais un éclairage uniforme.
J’ai donc réalisé un petit montage avec une diode 1N4004, deux LED en série (couchées), et une résistance de 50 Ω.
Quelques soudures → et le résultat est parfait.

Sur mon Revox B77 MkII, j’ai également un voyant grillé. Je vais tenter la même modification, avec la même couleur, pour avoir un bel ensemble harmonieux.
Voilà donc une réparation qui n’a pas été simple. Cet ampli a monopolisé mon établi un bon moment, mais le résultat est là — et c’est le principal.
Vidéo de son fonctionnement:
(©) D-F Septembre 2025
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